Japon

Yohji Yamamoto

Présentation générale

Yohji Yamamoto, né le 3 octobre 1943 à Tokyo est un styliste japonais. Il fonde sa marque en 1972 mais débute réellement à Paris en 1981, puis y présente sa première collection de haute couture en 2002. Durant sa carrière, il remet en question l'usage des formes, surtout géométriques, et les couleurs du vêtement, imposant le noir.

Formation et influences

Yamamoto a été élevé par sa mère Fumi, une comptable qui aidait à la gestion de l’entreprise familiale. Le père de Yamamoto, Fumio, était à la fois un fournisseur de produits alimentaires et un photographe amateur. Il est mort au combat aux Philippines alors que son fils n’avait qu’un an. On n’a d’ailleurs jamais retrouvé sa dépouille. Son appareil photo préféré, un Leica/Rollei, repose à sa place dans sa tombe. «Il est allé à l’encontre de sa volonté», a confié Yamamoto à propos de l’enrôlement de son père. «Quand je pense à lui, je me rends compte que la guerre rage toujours en moi.»

Style ou philosophie

Yohji Yamamoto développe une esthétique « anti‑fashion » : silhouettes amples et déstructurées, dominantes de noir, asymétries et imperfections assumées, pensées comme une armure poétique autour du corps plutôt qu’un vêtement séduisant au sens classique.

Créations majeures

Parmi ses créations majeures, on retrouve d’abord ses premières collections parisiennes du début des années 1980, notamment la période autour de 1981 surnommée « The Shock of Black », où ses manteaux et silhouettes entièrement noirs, amples et déstructurés, ont bouleversé les codes de la mode occidentale et imposé sa signature. Au fil des années 1990, plusieurs défilés sont devenus cultes, comme le printemps‑été 1995 sous la coupole de la Sorbonne, qui réconcilie tailleur occidental et influences du kimono, ou encore le printemps‑été 1999, souvent considéré comme l’une de ses collections les plus belles pour la manière dont il y mêle sensualité, poésie et rigueur de coupe. ​ Ses pièces emblématiques incluent les manteaux noirs architecturés, les pantalons type hakama ou « crow pants » à grand volume, les longues robes noires asymétriques, ainsi que de nombreux costumes masculins pour femmes, qui résument son idée d’une élégance protectrice, androgyne et intemporelle. À côté de sa ligne principale, sa collaboration Y‑3 avec Adidas, lancée au début des années 2000, est aussi considérée comme une création majeure : elle a ouvert la voie au dialogue entre sportswear et haute mode en transposant son vocabulaire noir, ample et avant‑gardiste dans des sneakers et vêtements techniques devenus des références.

Héritage et impact

L’héritage de Yohji Yamamoto est celui d’un créateur qui a redéfini la beauté et l’élégance en imposant une vision noire, ample et anti‑spectaculaire, où le vêtement protège et questionne plutôt qu’il ne séduit de façon immédiate. En introduisant massivement le noir, les volumes oversize, l’asymétrie et l’imperfection assumée, il a rendu légitime une esthétique avant‑gardiste qui est devenue un langage quasi classique pour de nombreux designers contemporains, notamment dans la scène japonaise et européenne. Son travail sur des silhouettes androgynes, pensées comme des armures poétiques pour le corps, a profondément influencé la manière dont la mode aborde aujourd’hui le genre, en offrant une alternative à la sexualisation et en ouvrant la voie à plus de fluidité. Par son refus des tendances éphémères et sa défense de vêtements faits pour durer, il a aussi nourri une réflexion sur la mode lente et la durabilité émotionnelle, en opposition à la fast fashion. Enfin, ses défilés à la dimension quasi performative et sa collaboration Y‑3 avec Adidas ont renforcé le dialogue entre mode, art et sportswear, posant les bases du modèle actuel des grandes collaborations créateur‑marque dans l’industrie.

Sources

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Contribution

Edgar chan

A enrichi votre apprentissage en ajoutant ce/cette designer le 07 Janvier 2026

Omniscient Design

a validé le/la designer Yohji Yamamoto